Chronique#4: Prendre le temps de vivre
Écrit par Poupi le 17 juin 2009 dans la catégorie : Chronique
Il est six heures à ma montre alors que j’entame ce billet. Je n’ai cessé toute la nuit de me tourner, de me re-tourner, d’ouvrir les yeux puis de les fermer. Et pourtant, impossible de me fixer. J’ai longuement réfléchi, sans jamais trouver de solution à ce problème qui semble me torturer.

Toute l’année, c’est le même train-train. Debout à 6h30, à l’arrêt du bus à 7h20, à la fac à 8h. Je rentre le soir vers 18h20, regarde les Simpsons, travaille sur mes cours, mange quelque chose rapidement et m’empresse d’aller lire les dernières news pour les bloguer par la suite. Je regarde un film, puis me couche vers 2h. Et chaque jour, ça recommence.
Ma troisième semaine de vacances vient de débuter. Une longue période pendant laquelle chaque année je tente de réaliser tous ces projets mis en suspend faute de temps. Cette année, je travaille pour plusieurs sites web et réalise quelques scripts en PHP pour des amis. Quand j’en ai l’occasion, je viens en aide à des gens sur les forums de CommentCaMarche.
Les journées me paraissent de plus en plus courtes. Comment tout faire en 24 heures? Alors, pour me donner bonne conscience, chaque soir c’est la même chose: « dans une heure, j’irai dormir ». Et puis, de jours en jours cette heure s’allonge. Si bien qu’aujourd’hui, il n’est pas rare que j’aille me coucher quand les autres se lèvent pour partir travailler. Certains matins, il m’arrive même de me dire « tant pis, je dormirai demain ». En trois semaines, j’en suis à 6 nuits blanches.
L’année dernière, j’avais juré de prendre le temps de vivre. Une sorte de contre-mesure face à cette vie de plus en plus stressante et cette envie permanente de dire merde à tout. Et pourtant, je m’y reprend. Les journées défilent derrière cet écran, les nuits s’enchaînent derrière ce clavier tandis que le reste du temps passe, cette souris à la main.

On en arrive tous là un jour. Enfin, je crois. Hier soir encore, je riais en regardant un documentaire sur la cyber-addiction. Comment se réveille t-on un jour en se disant « je suis un drogué » ? Le Web est un réseau formidable. Un monde qui ne connait pas le temps. Un monde où l’on peut rire, apprendre et oublier cette vie pénible qui semble se répéter sans fin.
J’ai toujours eu cette soif de connaissances. En apprendre toujours plus, chaque jour. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui font qu’aujourd’hui, la Geekosphère est en ligne. A quoi bon apprendre, si ce n’est pour partager?
A tel point qu’aujourd’hui, j’ai l’impression de ne vivre que pour les autres. Comme si ma vie avait été mise entre parenthèses, histoire de mettre celle des autres en avant. Et pourtant, j’aime ça. J’aime partager. J’aime recevoir ces commentaires qui me disent « merci de m’en avoir fait découvrir un peu plus » . J’aime tout simplement enseigner.
Mes maigres connaissances ne font pourtant pas de moi quelqu’un d’extraordinaire. Je souhaite juste pouvoir les partager.
Ne voyez en ce billet rien d’extraordinaire. Rien qui puisse être désigné comme génial ou hors du commun. Ma vie après tout, vous vous en foutez surement.
Je vous avais prévenu, la chronique n’est rien de plus qu’un « je-raconte-ma-life.com» . Elle me soulage de cette envie de tout balancer par la fenêtre et m’empêche de troquer cette vie qui fait que chaque matin à mon réveil, la première chose que je fais, c’est de lire mes mails.
Non, je ne suis pas le seul dans ce cas. Nous sommes des dizaines. Des centaines, des milliers et peut-être même des millions. Qui sait?
A vous qui vous endormez sur vos claviers et vous réveillez le nez collé à cet écran: prenez le temps de vivre.